Shakespeare

Habituellement, le poète vante la beauté et les qualités de la femme aimée.

Comme j'aime ce qui sort de l'ordinaire, j'adore ce sonnet assez surprenant où Shakespeare, contre toute attente, accable sa maîtresse de tous les défauts, pour enfin clamer son amour pour elle. C'est la magie de l'amour, dont les causes sont si mystérieuses et où l'on aime parfois l'autre pour ses défauts, car ils le rendent différent et unique, exceptionnel. Quel est l'intérêt d'aimer un clone?

Je n'ai pas pu résister au plaisir de donner le poème en anglais, je trouve cette langue si belle, et après tout, c'est l'original ! J'ai noté plus loin la traduction en français.

MY MISTRESS'EYES

My mistress's eyes are nothing like the sun;

Coral is far more red than her lip's red;

If snow be white, why then her breasts are dun,

If hair be wires, black wires grow on her head.

 

I have seen roses damasked, red and white,

But no such roses see I in her cheeks;

In some perfumes there is more delight

Than the breath with which my mistress reeks.

 

I love to hear her speak, yet well I know,

Music hath a far more pleasing sound;

I grant I never saw a goddess go;

 

My mistress, when she walks, treads on the ground.

And yet, by heaven, I think my love as rare

As any she belied with false compared.

Ann Hathaway, épouse de Shakespeare

 

LES YEUX DE MA MAITRESSE

Les yeux de ma maîtresse ne sont pas comme le soleil;

Le corail est bien plus rouge que ses lèvres;

Si la neige est blanche, pourquoi alors son sein est-il brun?

Si les cheveux sont des fils, alors des fils noirs poussent sur sa tête.

 

J'ai vu des roses de Damas rouges et blanches

Mais point de telles roses sur ses joues;

Dans certains parfums, on trouve plus de délices

Que dans les relents de son souffle.

 

J'adore entendre sa voix, pourtant je sais bien

Que la musique possède un son bien plus plaisant.

J'accorde que je n'ai jamais vu de déesse passer;

 

Ma maîtresse quand elle marche a un pas lourd.

Et cependant, par le ciel, je pense mon amour aussi rare

Que celui que l'on dément avec de fausses comparaisons.

Sir Joseph Noel Paton- Couple amoureux

Commentaires (2)

1. Océane 21/01/2010

MERCI MERCI MERCI !!!!

J'ai longtemps recherché ce poème et je l'ai découvert sur votre site!

Merci beaucoup!

2. Kate 21/01/2010

Océane,

tant mieux si tu as trouvé ce que tu cherchais. C'est bien à ça aussi que sert Internet. Comme son nom l'indique, c'est un réseau, et les réseaux servent à s'entraider!

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×