Héloïse

ELLE  (écrit fin Octobre 2008)

Il était une fois, ou plusieurs fois, qui peut bien le savoir, on a la fatuité de penser que notre histoire est unique alors qu'elle a été vécue des milliers de fois, près d'ici ou ailleurs ou dans d'autres temps !

Mais j'aime bien cette idée de l'unicité de l'occurrence d'une histoire qui serait extra-ordinaire, qui ne serait pas commune, banale et ennuyeuse.

Elle se prénommait Héloïse. Ses parents avaient-ils prévu qu'elle serait un être solaire, (helios = le soleil, en grec) dont le destin était de semer la vie et la joie autour d'elle, (ou bien est-ce notre prénom qui influe sur notre façon d'être) ?

Elle  aimait les autres  pour les détails qui les rendaient chacun si particuliers.
Certains êtres ont la faculté d'êtres heureux de peu de choses. C'était son cas. Son bonheur était de voir le soleil se lever peu à peu le matin, avec tous les espoirs qu'apporte un nouveau jour.

Elle refusait de participer à ce monde violent et insensé où des fous détiennent le pouvoir et où les gens perdent leur temps à  se battre au lieu d'essayer d'être heureux en jouissant du miracle de la vie. Or, il n'y avait PAS de temps à perdre, car nul ne pouvait décider de son destin. Il était donc une fois une petite fille - on peut bien la qualifier ainsi car elle l'était restée, semble-t-il et l'espérait-elle pour toujours dans son cœur et dans son âme. Elle avait eu cette chance extrême de garder l'innocence, la candeur et la naïveté des enfants qui pour une période éphémère et donc pour cela d'autant plus précieuse, rare, sacrée et bénie, vivent au paradis, dans un monde parallèle à celui des humains si artificiel et vicié. Etait-ce une chance ou l'avait-elle décidé ainsi ? Je crois que c'est elle qui avait délibérément choisi de rester une enfant dans sa tête, car le monde extérieur lui semblait si cruel et mauvais qu'elle ne voulait pas en faire partie.

Elle préférait de loin vivre dans ses rêves et ne voir que la beauté des êtres et des choses.

Qui suis-je pour connaître le destin de mon personnage? Lui-même a-t-il le pouvoir de décider de sa destinée et sait-il ce qu'il veut, ou ce dont il a besoin pour être heureux? Ce qu'il veut est-il compatible avec ce dont il a besoin? Peut-on faire ce que l'on veut de sa vie? Ma personnalité tout entière va à l'encontre de l'idée de roman, car de quel droit infligerais-je à un personnage une destinée funeste, un parcours semé d'embûches ? Quant à programmer un destin heureux, ça semblerait irréaliste et mièvre. Je vais donc laisser mon personnage à ses rêves et à sa vie parallèle.

Ses attentes et ses désirs les plus profonds seront-ils comblés ? Sommes-nous les jouets d'une destinée capricieuse qui se rit de nous, pauvres pantins, de nos actes manqués ?

Nul ne sait ce qui adviendra d'elle, ni si elle saura saisir les chances qui lui seront offertes par la vie, ou si, par  insouciance ou par nonchalance, elle prendra son temps et prendra peur face aux bonheurs possibles qui s'offrent à elle et fera tout pour les décourager. Fuir n'est-il pas plus facile qu'affronter la nouveauté, le bouleversement, avec le risque de l'échec ? Elle était trop sensible et trop fragile pour ça.

La joie d'Héloïse n'était-elle pas un moyen d'exorciser ses angoisses, ses lâchetés, pour oublier l'inéluctabilité des épreuves et de la mort ?

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