Films français

La Femme d'à Côté (1981- Truffaut)

avec Gérard Depardieu et Fanny Ardant

Synopsis:

Bernard (Depardieu), mène avec sa femme, une vie paisible. Mathilde (Fanny Ardant) et son mari viennent s'installer en face de chez eux.

Or Mathilde et Bernard se sont follement aimés il y a 7 ans, mais leurs conjoints respectifs l'ignorent. Leur passion renaît, aussi forte qu'avant. Bernard veut tout quitter pour elle, mais ses sautes d'humeur et son instabilité font peur à Mathilde. Elle se sent coupable aussi vis à vis de son mari, alors elle décide de ne plus le voir. Or cette absence, insupportable, la plonge dans une profonde dépression. Ne pouvant se passer de lui, elle le rejoint, mais sachant qu'ils ne peuvent vivre ni ensemble, ni séparés, elle le tue et se donne la mort.

Ce film pose  la question: vaut-il mieux vivre une histoire tranquille sans hauts ni bas, mais sans relief, dans laquelle on est épanoui, mais où les jours passent, sans surprise, ou bien une folle passion qui peut être destructrice, car on n'est pas maître de soi, de ses décisions ?

Dans le film, Mathilde et Bernard ne peuvent se passer l'un de l'autre, mais en même temps, leurs caractères sont incompatibles. Il ne s'agit même pas de leurs caractères, car c'est seulement le fait d'être ensemble qui provoque en eux un comportement qu'ils n'auraient avec personne d'autre. Bernard dit à un moment donné qu'ils sont néfastes l'un pour l'autre. Un drôle de paradoxe, alors qu'ils sont comme aimantés l'un vers l'autre, qu'ils ont un besoin vital l'un de l'autre.

Je trouve que Fanny Ardant joue magistralement.

Un Homme et une Femme (de Claude Lelouch)

Avec Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant

Monologue de Jean-Louis Trintignant.  Magnifique !

"C'est beau quand même d'envoyer un télégramme comme ça, il faut avoir du culot. C'est vrai non ? C'est extraordinaire qu'une femme belle, vous envoie un télégramme comme ça, c'est merveilleux. Moi jamais j'aurais fait un truc comme ça, c'est formidable de la part d'une femme, c'est formidable. Quel courage ! Bon si je tiens cette moyenne j'arrive à Paris vers 6 heure, 6 heure et demi. 6 heure, 6 heure et demi, elle va être couchée bien sûr. Qu'est ce que je fais, je vais dans un bistrot, je l'appelle d'un bistrot ? On peut aller chez elle, une femme qui vous écrit sur un télégramme : "je vous aime", on peut aller chez elle. Oh oui, je vais chez elle...

La Crise (1992)

de Coline Serreau,

avec Vincent Lindon (Victor), Patrick Timsit (Michou), Zabou Breitman

L'histoire

Trop absorbé par son travail, Victor ne s'intéresse pas assez à sa femme, qui, excédée, le quitte. Les problèmes s'accumulent, car il perd aussi son travail. Tout son monde s'écroule. Sa propre mère se moque complètement de ce qui lui arrive, ne pensant qu'à sa vie personnelle. Il ne rencontre que des gens trop absorbés par leurs propres problèmes. La seule oreille attentive qu'il trouve est celle de Michou, un SDF rencontré dans un café, et qui va vivre à ses crochets.

Ce film est à la fois drôle et émouvant, car il traite des problèmes actuels de notre société (chômage, divorce, racisme, etc...). Les dialogues sont truculents. Lindon et Timsit jouent de façon très naturelle. Victor comprend toutes les rancoeurs qu'a pu accumuler sa femme à son égard lorsqu'il entend sa soeur (jouée par Zabou), déballer à son "fiancé" tous ses griefs. Coline Serreau s'est sacrément défoulée contre les machos en faisant déverser sa bile par Zabou (qui refuse de servir de bonne à tout faire à son copain) et par Maria Pacôme (la mère, qui a décidé à présent de vivre sa vie, après l'avoir entièrement consacrée à son mari et à ses enfants).

Le thème du racisme est aussi abordé, avec toutes les ambiguïtés des gens qui prétendent ne pas l'être et qui le sont dans leur comportement, et Michou qui croit l'être et qui ne l'est pas.

Clara et les chic types (1981)

C'est avec un grand plaisir que j'ai revu ce film à la télé. Il m'avait laissé des souvenirs joyeux.

Dans ce film, Clara (Isabelle Adjani) se dispute avec son mari pendant son mariage et sort de l'église avant la fin de la cérémonie. Plus tard, on la retrouve devant une agence de voyages où son mari prend des billets pour leur lune de miel. Elle tombe sur Bertrand (Thierry Lhermitte) à qui elle demande de l'emmener avec lui pour vivre ensemble 2 ans, 2 mois ou 2 jours. Bertrand, pris au dépourvu devant une telle proposition inattendue, met trop de temps à réagir. Du coup, Clara part avec son mari. Bertrand, qui a eu le temps de réfléchir, regrette de n'avoir pas été assez prompt et se lance à la poursuite de Clara. Il retrouve l'hôtel où elle loge, mais la porte d'entrée de l'immeuble étant fermée, il n'hésite pas à escalader la façade. Ses amis qui l'accompagnaient mettent un temps fou avant d'aller chercher les pompiers et en attendant, l'un d'entre eux lui déclare qu'il "se souviendra de lui comme d'un chic type". Puis Bertrand charge un de ses amis, Mickey (Daniel Auteuil), de partir à la recherche de Clara. Clara déclare avoir oublié jusqu'au visage de Bertrand, prétend que ses paroles ont été dites sur un coup de tête,  qu'elle était sincère sur le coup, mais que maintenant, les circonstances ont changé, et elle passe la nuit avec Mickey.

Ce film me plaît à cause de ses nombreux gags désopilants, des situations hilarantes, du jeu excellent des acteurs, de la personnalité fantasque, capricieuse, lunatique de Clara. Certaines répliques sont pas mal non plus, comme celle-ci où Bertrand annonce ainsi à sa femme qu'il la quitte: "je t'ai jamais autant aimée que cette nuit, mais tu vas rire, je te quitte." Le comique de situation aussi où un des copains de la bande envoie à toutes les femmes le même message d'amour, pour multiplier ses chances d'en avoir une.

Cette troupe du Splendid est vraiment trop géniale !

L’Histoire d’Adèle H. (Truffaut-1975)

Ce film conte l’histoire vraie d’Adèle Hugo (1830-1915), fille de l’illustre auteur.

Adèle, éperdument énamourée d’un lieutenant anglais, s’acharne à le poursuivre inlassablement sans obtenir autre chose de lui que de l’indifférence et du mépris. On assiste tout au long du film aux ravages de la passion, qui fait perdre la raison à celui qui l’habite, qui perd tout contact avec la réalité, qui prend ses rêves pour la réalité et le mène à la folie. Adèle est obsédée par le lieutenant  Pinson, le harcèle inexorablement, persévère avec une obstination sans bornes malgré ses rebuffades.  Adèle est prête à tout accepter, y compris  les infidélités et  la vénalité de son amant. Elle invente sa vie telle qu’elle la souhaiterait. Elle ment sans cesse, aux autres et à elle-même, en prétendant que le lieutenant est amoureux d’elle et qu’il va l’épouser. Et quand finalement elle apprend que son amoureux s’apprête à épouser une autre femme, elle fait tout pour empêcher le mariage. Elle n’a qu’un seul but : arriver à ses fins. Or on ne peut forcer personne à nous aimer.

Adèle ne va même pas voir sa mère malade, et ne se rend pas à ses funérailles. Elle est prête à suivre son amant au bout du monde. Mais à la fin, elle est dans un tel état de démence qu’elle ne le reconnaît plus. Il est trop difficile de supporter de ne pas posséder l’objet de son désir, alors un réflexe d’auto- protection est nécessaire. Il faut nier son existence.

Finalement, Adèle sera placée par Hugo dans une maison de santé où elle finira ses jours.

On peut se poser des questions au sujet de ce qui motive un tel acharnement à poursuivre l'objet de son désir contre son gré: un désir capricieux de possession,  de toute puissance, on ne supporte pas que quiconque s'oppose à nous? Est-ce une question d'orgueil ? Le lieutenant Pinson est bien moins riche qu'Adèle, son père est un célèbre homme de lettres, elle lui fait un  honneur de l'accepter comme époux, et il a l'audace de repousser ses avances ?

Magistrale interprétation d'Isabelle Adjani. Mais est-il nécessaire de le dire ?

Je ne suis pas là pour être aimé (2005)

Avec Patrick Chesnais et Anne Consigny.

Un très beau film, tout en finesse.

C'est l'histoire d'un huissier quinquagénaire, Claude Delsart, désabusé et résigné à sa triste vie solitaire. Le weekend, il tient compagnie à son père, un être acariâtre et égoïste, qui passe son temps à se plaindre. Il y a une scène assez émouvante lorsque Claude demande à son père où sont les coupes qu'il a remportées adolescent et que son père lui rétorque qu'il les a jetées car elles étaient des nids à poussière.

Claude s'est inscrit à un cours de tango, tout comme Françoise, une jeune femme qui s'apprête à épouser un écrivain. Or l'écrivain en question ne l'accompagne jamais à ces cours, n'étant préoccupé que par ses problèmes d'inspiration. Françoise passe son temps à le rassurer.

Peu à peu, Françoise se rapproche de Claude, qui demeure imperturbable et distant, car il sait que rien de bon ne peut lui arriver. Il en a toujours été ainsi, il est habitué à ne pas avoir de chance, il ne croit pas en sa chance. Il n'a jamais été aimé.

Mais grâce au tango, l'alchimie se produit entre ces deux êtres solitaires, puis l'amour. Seulement, Françoise est prise dans l'engrenage de son prochain mariage, elle ne peut pas reculer. Alors elle s'excuse auprès de Claude. La vie est ainsi, les conventions exigent que l'on agisse de telle ou telle manière, que l'on prenne des décisions qui vont parfois à l'encontre de nos  propres désirs. Heureusement, l'histoire se termine bien , Françoise a le courage de vivre selon ses désirs et Claude oublie sa fierté.

On découvre aussi à la fin, au décès du père de Claude, que les coupes et articles de presse étaient précieusement rangés dans une armoire.......

Entre ce que l'on dit et ce que l'on cache......

Patrick Chesnais est brillant.

Le film a reçu 3 nominations.

J'me sens pas belle (2004)

avec Marina Foïs et Julien Boisselier

Synopsis: Fanny, une trentenaire célibataire désabusée, ne croit plus en l'amour. Elle invite Paul, un collègue de bureau, chez elle, en pensant avoir une aventure d'un soir avec lui. Fanny tente de l'aguicher, mais Paul reste de glace, ne réagit pas.  Fanny est habituée à des hommes volages qui ne recherchent que la bagatelle. Paul n'est pas de cet accabit.

Il veut prendre son temps. Face à cette attitude, Fanny prend peur, lui fait l'énumération de tous ses défauts physiques pour l'éloigner d'elle. Fanny est pleine de complexes; elle pense qu'elle ne peut attirer personne, car elle n'a connu que des échecs. Pourquoi cela changerait-il ? C'est une fatalité.

Or cet homme l'accepte et elle l'attire telle qu'elle est, elle et son appartement miteux, en désordre, avec sa tapisserie décollée...C'est la magie de l'amour qui nous fait accepter l'autre malgré ses imperfections, voire en raison de ses imperfections.

Fanny a perdu confiance en elle: lorsqu'elle se réveille et que Paul a disparu, elle pense qu'il est parti en catimini, comme les autres....Mais Paul est simplement allé chercher des croissants. Le miracle s'est produit, la roue a tourné.

J'ai aimé ce film pour le scénario, positif, pour l'atmosphère intimiste et pour le jeu très naturel des acteurs. 

L'étudiante (1988)

est un film de Claude Pinoteau.

Synopsis (de Wikipedia)

En vacances aux sports d’hiver, Édouard (Vincent Lindon) rencontre dans une télécabine Valentine (Sophie Marceau). Si cette rencontre reste fugace, Édouard a un coup de foudre pour elle. Il a la chance de la retrouver à la fin des vacances, lors du retour à la gare. Ne laissant pas passer sa chance, il invite Valentine à dîner quelques jours plus tard. Cette dernière, sous le charme, accepte. Lors de ce dîner, chacun dévoile sa vie qui s’avère relativement opposée. Édouard, musicien branché dans un groupe et compositeur, vit la nuit. Valentine, étudiante préparant avec sérieux l'agrégation de lettres classiques et enseignante dans une boîte à bac, vit le jour. Cependant une alchimie naît et Ned et Valentine deviennent amants. Valentine, qui a une vie bien réglée et n’a a priori guère le temps de s’investir pleinement dans une relation, tombe elle aussi amoureuse de Ned. Malgré les aléas et contrariétés de la vie (les ex, les copains collants, les horaires et emploi du temps rarement compatibles), l’amour entre Ned et Valentine est sincère et profond, comme en témoigne le discours de Valentine lors de son oral d’agrégation, Amour et amour de soi dans Le Misanthrope de Molière, qui se transforme en déclaration d’amour à Édouard.

Ces deux êtres sont à l'opposé l'un de l'autre, Edouard était volage avant elle; Valentine est caractérielle, c'est une faiseuse d'histoires qui coupe les cheveux en quatre. Mais le miracle de l'amour fait qu'Edouard ne veut qu'elle.

J'ai aimé ce film car il traîte d'un thème éternel, celui du sujet d'agrégation de Valentine: la difficulté d'aimer quelqu'un différent de soi, qui ne vous convient pas. Le fait qu'il est impossible de changer l'autre et de l'accepter comme il est.

Le paradoxe que Valentine évoque: celui qui vous a blessé est aussi le seul qui peut vous consoler.

Le Misanthrope est ma pièce préférée de Molière car elle traite justement de la difficulté d'aimer, surtout lorsque la personne aimée est votre antithèse, que vos façons d'être sont inconciliables.

A citer aussi ce magnifique passage de On ne badine pas avec l'amour, d'Alfred de Musset:

"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses,vaniteuses, curieuses et dépravées; mais s'il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de ces deux êtres si imparfaits et si affreux".

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Odette Toulemonde (2007)

Auteur: Eric-Emmanuel Schmidt

Synopsis:

Odette Toulemonde (Catherine Frot), travaille le jour au rayon cosmétique d'un grand magasin et coud le soir des plumes sur des costumes de revues parisiennes, pour pouvoir joindre les deux bouts. Elle héberge dans son appartement sa fille, un garçon manqué, son petit ami, au chômage, et son fils homosexuel. Elle s'évade de sa triste vie par la lecture des romans de son auteur favori, Balthazar Balsan (Albert Dupontel), qu'elle idolâtre. Un jour, Balthazar dédicace son nouveau roman. Odette perd ses moyens face à lui et ne peut lui dire toute son admiration. Alors elle décide de lui écrire une lettre dans laquelle elle lui dit à quel point ses romans illuminent sa vie.

Balthazar, quant à lui, semble  avoir tout pour être heureux: notoriété, richesse, succès auprès des femmes..... Sauf qu'il est ouvertement méprisé par les médias qui le considèrent comme un auteur médiocre. Sa femme le trompe avec son détracteur et son fils a honte de dire qu'il est son père.

Balthazar se met à boire et tente de se suicider. Suite à cette tentative avortée, il découvre la lettre d'Odette qui lui redonne goût à la vie et qui lui montre qu'il est utile et qu'il ensoleille la vie de certaines personnes.

Ces deux êtres que tout oppose vont s'aimer.

Ce film est intéressant pour plusieurs thèmes qu'il traite:

  • L'importance magique de la lecture qui nous permet de nous évader de notre quotidien.
  • Les apparences peuvent être trompeuses: on peut tout avoir et être malheureux.
  •  L'être humain est impitoyable et ne se préoccupe pas de blesser son prochain, quelles qu'en puissent être les conséquences (ici le suicide).
  • On ne peut être apprécié par tout le monde, mais il y a toujours quelqu'un pour nous aimer tels que nous sommes.

C'est pourquoi ce film est éminemment poétique et optimiste. Bravo à Eric-Emmanuel Schmidt, à Catherine Frot (une de mes actrices préférées) et à Albert Dupontel !

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