Bonjour, visiteur!
Dans le sud-ouest, il fait presque chaud parfois, malgré l'automne qui est arrivé.
J'espère qu'il fait bon chez toi!

Ca y est, les feuilles ont jauni et d'autres rougeoient. J'aime bien l'automne, car c'est une saison pleine de nuances, contrairement à l'été et à l'hiver. C'est une saison de transition. J'aime que les arbres se parent de multiples couleurs chaudes, chatoyantes, marcher sur les feuilles qui crépitent sous les pieds. Les arbres à feuilles caduques se préparent à la dormance et à la production des bourgeons. Ils doivent se débarrasser de leurs feuilles, car ils ne peuvent plus les nourrir. Les feuilles, perdant ainsi leur chlorophylle, responsable de leur couleur verte, prennent des teintes jaunes, orangées, brunes, voire rouges, pour le plus grand plaisir des yeux. Il est agréable de se promener à cette saison, car il ne fait ni trop chaud, ni trop froid.
Voici deux poèmes d'automne que j'aime particulièrement: Matin d'octobre
C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n’est pas l’hiver encore.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.
François COPPÉE (1842-1908) Promenades et Intérieurs

Chanson d’automne
Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure.
Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
Paul VERLAINE (1844-1896) Poèmes saturniens
Quelle belle analogie entre les sentiments du poète, qui ne sait plus où il en est, qui est perdu, et les feuilles, mortes, comme lui, intérieurement, qui ne savent où aller, qui se laissent ballotter par le vent commer lui par les événements, événements sur lesquels il n'a aucune prise, aucun pouvoir.

Il pleure dans mon coeur, (toujours de Verlaine)
Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !
Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.
C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !
Humains, animaux, végétaux, phénomènes naturels, nous faisons partie d'un tout. Comme dans le poème précédent, il y a correspondance entre les pleurs du poète et la pluie.
Pleurer comme si cela pouvait évacuer la peine à tout jamais, tout comme la pluie délivre le ciel des nuages et laisse apparaître le soleil.
Et pour finir, cette belle chanson chantée par Yves Montand, et dont le texte est de Jacques Prévert, sur un joli diaporama d'Alain de Souston.
http://www.youtube.com/watch?v=mVbwH11Mwfk&feature=fvw
Eh oui! Décidément, cette magnifique saison se prête à la mélancolie.
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